Politique-Histoire

Élections Anticipées : La France Face à une Réorganisation Politique et Économique

Élections Anticipées : La France Face à une Réorganisation Politique et Économique

La dissolution inattendue de l’Assemblée générale par le président de la République, suite à la percée du Rassemblement National aux élections européennes, a créé en France une véritable compétition pour séduire les électeurs. Pris de court par le délai légal de réélection de 28 jours, les partis politiques ont dû revoir leurs campagnes et leurs stratégies pour proposer des politiques, parfois plus ou moins imprécises et réfléchies, qu’ils estimaient nécessaires pour redresser une situation économique délicate et une géopolitique globale marquée par des relations tendues liées aux conflits en Ukraine et à Gaza.

Certains partis ont été pénalisés par un manque d’agilité et de préparation. Bien qu’un des partis les plus ancrés, le président des Républicains a créé l’incompréhension en appelant au soutien du RN qu’il disait mépriser jusqu’à présent. Jugées contraires aux valeurs du parti par les membres, ces déclarations ont été qualifiées d’aberration et font l’objet de démarches pour l’exclusion de celui qui est toujours à la tête du parti. Ces tentatives ont échoué suite à la décision du tribunal judiciaire de Paris.

On notera des dislocations similaires dans le camp de “Reconquête” avec Marion Maréchal Le Pen qui a ouvertement fait part de son intention de soutenir le RN. Ses déclarations ont conduit à son exclusion. Quant au programme, il semble peu fourni. L’imprécision et la simplicité des promesses du parti d’Éric Zemmour se font remarquer, proposant des solutions pour des problèmes déjà délaissés : l’arrêt de la procédure d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, qui n’est plus d’actualité depuis deux décennies et dont les négociations sont gelées depuis 2018, et parfois des propositions vagues comme le rétablissement de l’ordre dans le domaine de la justice sans en préciser les moyens.

La gauche, très divisée depuis le quinquennat de François Hollande, semble avoir enfin trouvé un terrain d’entente et fournit les propositions les plus robustes. Le Front populaire arrive avec un programme dense et bien préparé mettant en avant la lutte contre la discrimination et les inégalités sociales et économiques. L’extension des aides sociales telles que le remboursement de la procréation médicale assistée, l’instauration du congé menstruel, et d’autres réformes sociales articulées autour des personnes transgenres figurent parmi les priorités.

Sur le plan économique, les mesures visent à rétablir le pouvoir d’achat des plus démunis à travers l’augmentation du SMIC à 1600 euros nets contre 1398 actuellement, la revalorisation des allocations telles que la CAF de 10%, le blocage des prix des aliments de première nécessité, l’annulation de l’augmentation des prix du gaz, et l’abrogation de la réforme des retraites initiée par la majorité présidentielle.

Certaines mesures sont beaucoup plus controversées, comme le passage à une 6e République et le soutien à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. D’après l’Institut Montaigne, le coût de ces promesses de campagne est estimé à 141 milliards d’euros, soit trois fois la proposition de la majorité présidentielle et deux fois celle du Rassemblement National. Reste à savoir si ces dépenses supplémentaires et les sacrifices opérés sur les recettes fiscales seront compensés par les mesures visant à effectuer des économies, telles que le passage du barème de l’impôt sur le revenu à 14 tranches en défavorisant les riches, ou encore le rétablissement de l’ISF et une réforme de l’impôt sur l’héritage.

La majorité présidentielle semble perdre la popularité dont elle jouissait depuis le premier quinquennat de Macron. Malgré tout, elle semble mettre l’accent sur la jeunesse, les jeunes actifs et les salariés du privé à travers des mesures destinées à supprimer les frais de notaire pour un premier achat immobilier, la construction de logements étudiants plutôt que de logements sociaux, et à faciliter la location en instaurant une garantie de loyer impayé inspirée de Visale. Sur l’emploi, l’augmentation de la prime Macron de 6000 € à 10 000 € devrait aider les entreprises à optimiser leur fiscalité. L’incitation à la création d’emplois industriels et à attirer les investisseurs étrangers font toujours partie des points forts de la campagne. La République en marche en avait fait une de ses priorités, en effet la France se hisse actuellement à la 5e place des pays recevant le plus d’investissements étrangers et est le seul pays considéré comme développé à être sur cette liste.

Les propositions sont variées et les politiques des partis se sont structurées autour de thèmes dont certains avaient déjà fait l’objet de débats lors des précédentes élections présidentielles et législatives et qui continueront de revenir, car essentiels dans la vie des électeurs, tels que l’immigration, la justice, le pouvoir d’achat. D’autres sujets critiqués durant ce quinquennat de la macronie ont pris leur place sur le podium après s’être avérés inefficaces en temps de crise : la santé.

Dans un contexte conflictuel global et une conjoncture inflationniste, la France choisira la composition de son Assemblée Nationale qui votera les lois proposées par le président de la République. Puisqu’une majorité absolue semble inatteignable, il est très probable que la France tombe dans une impasse politique liée à une cohabitation de diverses opinions au sein de son Assemblée Nationale.

Ural Balci

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