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Analyse de la chanson 1994 d’Eko Fresh – Partie II

La place du travail dans la trajectoire de migration

La chanson commence par le récit migratoire du grand-père, qui représente la première génération de migrants. Il s’agit donc d’une migration de travail, marquée par un caractère collectif. L’identité de ces travailleurs et aussi de leurs descendants est marquée par cette étiquette. Une forte conscience de classe est visible dans la chanson, quand le chanteur dit “Le chemin pour aller au travail était prédéterminé pour nous” , “Malheureusement, j’étais toujours dans le même travail de 9h à 16h” “ je n’ai pas commencé cette aventure en écolier” et l’identification de soi comme travailleur invité est omniprésente tout au long de la chanson.

De la migration de travail au regroupement familial

Renforcé par les images dans le clip, les conditions de vie des travailleurs-invités ne sont pas aisées pour plusieurs raisons : leur travail nécessite une force physique élevée, il y a la manque de leurs proches – considérant que les technologies de communication ou de voyage ne sont pas aussi développés qu’aujourd’hui – et ils sont loins de la société d’accueil. Le travail est donc perçu comme un sacrifice pour le bien-être de la famille. Cette migration commençant par le statut travailleur-invité devient alors une migration de peuplement par un regroupement familial. 

La famille et les liens familiaux sont représentés comme étant très importants. D’abord, la migration est perçue comme un sacrifice pour la famille, ce dernier est compensé par la gratitude. D’ailleurs, les mots indiquant des liens familiaux sont énoncés dans la langue d’origine. La famille constitue à la fois le lieu de transmission culturelle mais aussi de solidarité et d’encouragement, qui gagne davantage d’importance dans une trajectoire de migration.

Différences générationnelles

Tandis que la notion de travail se traduit par un travail physique difficile pour la première génération, elle révèle une signification intellectuelle pour la troisième génération, reflétant aussi un désir d’intégration, d’amélioration des conditions de vie et de reconstruction de l’image des migrants turcs.

La question de l’enfant qui incite le père à raconter la trajectoire migratoire de sa famille provient du statut “descendant de migration”. Pour qu’une telle question soit posée à un enfant descendant de migrants, la différence culturelle doit être visible ( par le prénom qu’il porte, la langue qu’il parle etc).

Tout de même, la transculturalité devient alors inévitable dans une trajectoire de migration qui s’étale en générations, qui donne lieu à la fois à des interrogations intérieurs ( comme dans le cas de l’enfant) et aussi extérieures ( le cas des amis de l’enfant).

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